Le tram T6 est né d'un projet de métro qui ne s'est jamais fait. Entre la première concertation de 2001 et l'arrivée à Viroflay en 2016, il a fallu une déclaration d'utilité publique, un recours jusqu'au Conseil d'État, un chantier ouvert en 2007 et la faillite du constructeur des rames. Cette page raconte le projet date par date ; la ligne telle qu'on l'emprunte aujourd'hui est présentée sur la page d'accueil consacrée au tramway T6.
Trois chapitres de cette histoire ont leur propre page : le coût du T6 et la répartition de son financement, le Translohr, ce tram sur pneus guidé par un rail central, et le creusement du tunnel de Viroflay par le tunnelier Nolwenn.
Les grandes dates du T6
En bref : inscrit au contrat de plan État-Région 2000-2006, le tramway Châtillon-Vélizy-Viroflay est soumis à concertation en 2001, déclaré d'utilité publique le 9 février 2006 et mis en chantier à partir de 2007. La section de surface ouvre le 13 décembre 2014, le tunnel de Viroflay le 28 mai 2016.
Avant le tram : un métro abandonné
La liaison Châtillon-Vélizy-Viroflay figurait dans le schéma directeur régional (SDRIF) de 1994 comme un maillon de la « Croix du Sud ». Le dossier d'enquête publique de 2003 explique que le projet de métro automatique a été abandonné au profit d'un tramway, à cause de son coût et de l'abandon de réserves foncières1. L'association des usagers AUT rappelait en 2005 que ce tram remplaçait aussi le prolongement de la ligne 13, « promis dès les années 60 »3.
Le projet entre dans le contrat de plan État-Région 2000-2006 pour environ 206 millions d'euros (1 350 millions de francs)1, une somme bien inférieure au coût final.
2001-2006 : concertation et utilité publique
La concertation préalable a lieu du 15 juin au 6 juillet 2001 dans neuf communes : Malakoff, Montrouge, Châtillon, Fontenay-aux-Roses, Le Plessis-Robinson, Clamart, Meudon, Vélizy-Villacoublay et Viroflay. Son bilan est approuvé le 28 septembre 2001 par le conseil général des Yvelines et le 8 avril 2002 par celui des Hauts-de-Seine1.
Le STIF, l'autorité des transports devenue Île-de-France Mobilités, approuve le schéma de principe le 10 octobre 2002. Les études suivantes orientent le choix vers un matériel à pneus et réversible1.
L'enquête d'utilité publique se tient du 17 janvier au 19 février 20052. Un arrêté interpréfectoral du 9 février 2006 déclare d'utilité publique le « tramway sur pneumatiques Châtillon - Vélizy - Viroflay » ; il est prorogé de cinq ans le 4 février 201112. Le tracé reste contesté : l'association « Oui au tramway – non au tracé » porte encore un recours devant le Conseil d'État en 20102.
2007-2014 : le chantier en surface
Les réseaux d'eau, de gaz et d'électricité sont déviés à partir de 2006 et les travaux préparatoires commencent le 25 juin 2007, selon une ancienne version de Wikipédia4. Les travaux de voirie s'étalent de 2010 à 2013, découpés en 29 tronçons sur environ 7,5 km dans les Hauts-de-Seine et 17 tronçons sur environ 6,5 km dans les Yvelines2. La partie souterraine est attaquée à partir de mai 20112.

En juin 2012, en plein chantier, Lohr Industrie, qui conçoit les rames Translohr, dépose le bilan. Une semaine plus tard, Alstom (51 %) et le Fonds stratégique d'investissement (49 %) reprennent l'activité Translohr et ses 196 salariés pour 35 millions d'euros6. La RATP renonce alors à 5,1 millions d'euros de pénalités de retard sur les lignes T5 et T66.
Le site de maintenance et de remisage de Vélizy-Villacoublay est inauguré le 14 octobre 2013 et les essais commencent sur la ligne le 24 février 20142. Le 13 décembre 2014, le T6 ouvre entre Châtillon-Montrouge et Robert Wagner : 12,4 km et 19 stations à Châtillon, Clamart, Meudon et Vélizy-Villacoublay2. Une archive de 2004 annonçait la mise en service pour fin 200914 : le retard atteint cinq ans.
2013-2016 : le tunnel de Viroflay
Pendant ce temps, le tunnelier Nolwenn creuse sous Viroflay. Baptisé le 10 janvier 2013, il part de la forêt de Meudon le 25 mars 2013, atteint Viroflay-Rive-Gauche le 12 octobre 2013, puis Viroflay-Rive-Droite le 14 janvier 20145.

Les deux stations souterraines ouvrent le 28 mai 2016 et la section est inaugurée le 11 juin 201657. La ligne atteint ses dimensions actuelles : 14 km, 21 stations, dont deux souterraines8.
Depuis 2016 : fréquentation et incidents
Le T6 transporte 50 000 voyageurs par jour en 2016 et 57 200 en avril 2017. Sur l'année, la fréquentation passe de 11 millions de voyages en 2015 à 21 millions en 2024, selon les chiffres d'Omnil repris par Wikipédia2.
| Année | Voyages (millions) |
|---|---|
| 2015 | 11 |
| 2017 | 16 |
| 2019 | 19 |
| 2020 | 12 |
| 2022 | 18 |
| 2024 | 21 |
La Région annonce « plus de 22 millions de voyageurs par an »8 : c'était la prévision d'avant l'ouverture ; le dernier chiffre mesuré reste 21 millions.
Deux incidents ont marqué la ligne. Fin juin 2023, lors des violences urbaines, une rame est incendiée à la station Georges Pompidou, à Clamart9. Fin mai 2026, pendant une vague de chaleur, le rail de guidage se soulève entre Vélizy 2 et Robert Wagner : le trafic est coupé pendant environ une journée et plusieurs mètres de rail sont remplacés10.
Prochaine étape : un nouvel exploitant ?
La RATP exploite le T6 pour le compte d'Île-de-France Mobilités. Comme les autres tramways franciliens, la ligne va être mise en concurrence. Selon Mobily-Cités, elle fait partie d'un lot réunissant les T5, T6, T7 et T8, avec des appels d'offres attendus en 2027 et un nouvel exploitant au 1er janvier 203011. D'autres articles de 2026 décrivent un découpage différent, en cinq lots mêlant trains et tramways13 : le calendrier n'est pas encore figé.
Questions fréquentes
Quand le tram T6 a-t-il été mis en service ?
En deux temps : le 13 décembre 2014 entre Châtillon-Montrouge et Robert Wagner, puis le 28 mai 2016 jusqu'à Viroflay-Rive-Droite, par le tunnel.
Pourquoi a-t-on construit un tram plutôt qu'un métro ?
Le métro automatique prévu dans le schéma régional de 1994 a été abandonné à cause de son coût et de la perte de réserves foncières. Le tramway sur pneus a été retenu à sa place.
Pourquoi le T6 a-t-il ouvert avec cinq ans de retard ?
Aucune source ne donne une cause unique. Le projet a connu un recours jusqu'au Conseil d'État en 2010 et la faillite du constructeur des rames en 2012.
Qui exploitera le T6 après 2029 ?
La RATP l'exploite aujourd'hui. Île-de-France Mobilités a lancé sa mise en concurrence : la date la plus citée pour l'arrivée d'un nouvel exploitant est le 1er janvier 2030.
Sources
- Étude d'impact du dossier préalable à la déclaration d'utilité publique, CG78, CG92, RATP, STIF, décembre 2003
- Ligne 6 du tramway d'Île-de-France, Wikipédia, consulté le 29/10/2026
- Tramway T6 Châtillon-Vélizy-Viroflay : critique des choix, AUT Île-de-France, 2 janvier 2005
- Ligne 6 du tramway d'Île-de-France (ancienne version de Wikipédia), techno-science.net
- Île-de-France : le dernier tronçon du tramway T6 inauguré, Batiweb, juin 2016
- Alstom et le Fonds stratégique d'investissement s'accordent avec Lohr Industrie pour la reprise de Translohr, Alstom, juin 2012
- Alstom et NTL inaugurent la section souterraine de la ligne de tramway T6 en Île-de-France, Alstom, juin 2016
- Tramway T6 : création entre Châtillon et Viroflay, Région Île-de-France, consulté le 29/10/2026
- Acte de vandalisme : de nombreuses lignes de tramway interrompues, France Bleu, 29 juin 2023
- Un rail du tramway T6 s'est soulevé à cause de la chaleur dans les Yvelines, France 3 Paris Île-de-France, 28 mai 2026
- Île-de-France Mobilités a bien enclenché la mise en concurrence des tramways franciliens, Mobily-Cités, 19 mars 2026
- Délibération du Département des Yvelines relative au tramway T6 (DUP du 9 février 2006, prorogation du 4 février 2011), 2011
- L'Île-de-France prépare l'ouverture à la concurrence de quatre lignes de train et sept de tramway, Medias24, 2026
- Tramway T6, Horizon Employeur (historique du projet)
Site d'information indépendant : ni la RATP ni Île-de-France Mobilités. Horaires et tarifs indicatifs, à vérifier auprès de l'exploitant avant de voyager.
